Jeu de cartes créé par la plasticienne Virginie Houdet, exemplaire numéroté 234

Ce jeu de cartes voyage en train… sans billet


Je joue rarement aux cartes. Mais, en voyage, c’est un de mes tue-le-temps préférés. Sans doute parce qu’on joue rarement seul. Le jeu de cartes permet d’aller vers les autres et d’engager la conversation. Allez, on brise la glace avec celui créé par la plasticienne Virginie Houdet.

En voyage, on connaît tous ces moments d’attente entre deux trains, deux avions… quand l’ennui devient un compagnon désagréable et ronchon. Alors, je sors mon jeu de cartes. Je fais mine de commencer une réussite. Il y a toujours quelqu’un pour me demander si je connais un jeu aux règles compliquées. Moi, je ne joue qu’à la bataille. Mais ce magnifique jeu de cartes, dessiné par une plasticienne française, a déjà sauvé de longues heures d’ennui. Il reste donc en permanence dans mon sac à dos.

Jeu de cartes illustré par Virginie Houdet posé sur une table à Bali
Un des jeux de cartes de Virginie Houdet, photographié à Bali. © Virginie Houdet

Les cartes assassines : elles tuent le temps

Battre les cartes donne un petit coup de magie aux attentes les plus monotones. Belote, bataille ou « ce que tu veux ». Peu importe. Quand je dépose mon jeu de cartes pour commencer une réussite, je ne reste jamais seul bien longtemps. À la gare, dans un aéroport ou dans le salon d’un hôtel, le jeu fait son taf. La glace est brisée. Et me voici affublé de nouveaux complices pour tuer le temps… avec préméditation. Appelez la police !

Rencontre avec Virginie Houdet

Grande joueuse de belote et de ses variantes, Virginie Houdet se définit comme une artiste plasticienne. Elle est aussi la petite-fille de Jean Bouchaud, peintre, mais également voyageur, aventurier et reporter. Autant dire que le goût de l’ailleurs n’est pas tout à fait étranger à son univers.

Virginie travaille la peinture, la gouache et l’encre et aime faire voyager son travail d’un support à l’autre. Ça faisait longtemps que l’idée de créer un jeu de cartes lui trottait dans la tête. Mais il manquait quelque chose. Jusqu’au jour où, en balade sur l’île des Impressionnistes à Chatou, tout s’est mis en place. Le déclic créateur était là…

Une balade et des cartes

« Il y a quelques années, en me baladant à Chatou, sur l’île des impressionnistes, j’ai vu cette péniche. Son charme m’a immédiatement attirée. Il s’agit de « La Maison Flottante ». Un bateau réaménagé par des architectes bretons, qui sert de résidence d’artiste pour le Centre national édition art image (CNEAI). J’ai vu qu’elle était inoccupée et cela m’a tout de suite fait rêver. La condition pour y accéder est de réaliser ou produire une œuvre en relation avec les métiers de l’édition.

La Maison flottante du CNEAI à Chatou, sur l'île des Impressionnistes

L’idée d’un jeu de cartes à laquelle je pensais depuis très longtemps a ressurgi d’un coup. Je me suis lancée pour tenter de devenir résidente à « La Maison Flottante ». Malheureusement, cette sollicitation n’a pas abouti. Mais la démarche a joué l’effet de déclencheur pour moi. Cela m’a donné l’énergie nécessaire pour démarrer le projet et le mener à bien. Je remercie le CNEAI pour ça… »
Virginie Houdet

Un jeu en édition limitée

Avec son dos coloré façon « trèfle multicolore » ou sa variante en « carreau bleu », le jeu de Virginie ne passe pas vraiment inaperçu quand on le pose sur une table. Il compte 54 cartes libellées en français et en anglais. Chacune d’elles porte un dessin original réalisé à l’encre de Chine et à l’aquarelle. Les rois, les dames et les valets ont quitté leurs figures traditionnelles pour entrer dans l’univers graphique de Virginie. Même le dos des cartes a été entièrement imaginé par la plasticienne.

Je joue aux cartes avec Sławek dans la gare de Kraków Główny, en Pologne
Une partie de bataille avec Sławek en attendant notre train à la gare de Kraków Główny. – Les pas d’Alain

Les deux variantes ont été éditées à seulement 250 exemplaires numérotés. Le mien, de la collection trèfle, porte le numéro 234. Et il ne dort pas dans une vitrine, je te le promets. Il attend dans les gares et finit régulièrement sur une table ou sur des genoux. Ce trimardeur voyage en train avec moi sans acheter de billet, bien caché dans mon sac à dos. Il prend le bus. Mais le mieux, c’est qu’il me permet d’entrer en contact avec des gens que je ne connaissais pas il y a dix minutes. Bref, Virginie Houdet a créé un objet d’art. Moi, j’en ai fait un compagnon de voyage… et un entremetteur.

Cartes présentant un design original de Virginie Houdet
Le jeu de cartes créé par la plasticienne Virginie Houdet. Mon exemplaire porte le numéro 234.

Les autres travaux de Virginie

Le jeu de cartes n’est qu’une facette du travail de Virginie. J’aime beaucoup ses « Gourmandes », pleines de couleurs et d’appétit. Et puisqu’on parle de voyage, impossible de ne pas faire un détour par ses « Grands Hôtels », une série inspirée de souvenirs de petits déjeuners glanés à travers le monde.

Une œuvre de Virginie Houdet, peintre

Tu veux découvrir le reste ? Le site de Virginie Houdet ouvre la porte de son univers. Tu peux aussi la retrouver sur sa page Facebook.

Quant au numéro 234, il retourne dans mon sac à dos. J’ai peut-être un train à attendre… et quelqu’un à rencontrer.

Virginie Houdet m’a autorisé à reproduire certaines de ses illustrations dans cet article. Je l’en remercie.

Alain Demaret
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