Je croyais l’auto-stop mort et enterré. Pourtant, après avoir presque disparu dans nos régions, le pouce se lève à nouveau au bord des routes. Les jeunes voyageurs le redécouvrent. Hasard et convivialité ont toujours leur place. Encore faut-il savoir s’y prendre.
Aujourd’hui, l’auto-stop n’est peut-être plus aussi populaire qu’il y a quinze ans. Pourtant, lever le pouce permet de rejoindre la ville voisine ou de traverser plusieurs pays pour pas un rond. Mais il faut accepter que le hasard guide ta route. Se poster sur le bas-côté ne suffit pas. Au fil de mes voyages en Europe et au Proche-Orient, j’ai appris quelques règles simples. En voici cinq, apprises après de longues heures d’attente.

Ne sois pas pressé
Si tu es pressé, l’auto-stop n’est pas le bon moyen de voyager. Tu dépends d’un conducteur qui accepte de prendre un inconnu à bord et du hasard qui le fera passer au bon endroit. Parfois, tout s’enchaîne pourtant à merveille. En 1991, j’ai fait Liège–Lloret de Mar en 16 heures et seulement quatre véhicules. Mais ce jour-là, j’avais surtout eu de la chance. Ah oui, les routiers, c’était bien à mon époque. Aujourd’hui, ils sont de plus en plus contrôlés et les assurances compliquent aussi le jeu.

Ne sois pas trop rigide
Tu pars de Bruxelles pour aller à Marseille. Ne sois pas trop rigide. Si tu es de la team « panneaux », prépare ton itinéraire et écris tes destinations en conséquence. Pour ce trajet-là, j’opterais pour une première affiche « Vers la France ».
Une fois la frontière bien dépassée, je me risquerais avec « Le sud » et un beau dessin de soleil. À ce stade, pas besoin d’affiner. En inscrivant le nom d’une ville, tu risques de voir passer des conducteurs qui font deux cents kilomètres dans la bonne direction, mais qui ne vont pas jusque-là. Peu seront enclins à s’arrêter. Il sera toujours temps d’affiner ta destination en fin de trajet.
Si tu préfères la tchatche, explique ton projet aux automobilistes et montre que ça te ferait plaisir de monter avec eux, même pour une centaine de kilomètres, à condition qu’on te dépose à un endroit d’où tu pourras repartir facilement.
Moi, je suis plutôt team tchatche, mais les panneaux, c’est vachement efficace aussi. N’hésite pas à mixer les deux.

Ce n’est pas une activité de groupe
Chaque auto-stoppeur a les mêmes préoccupations : être vu, être pris en charge et arriver au plus près de sa destination. Voyager en couple aide parfois, mais ce n’est pas une science exacte. Le plus souvent, j’ai voyagé seul en Europe et au Proche-Orient. L’important est d’être avenant, d’avoir le sourire et un accessoire indispensable bien en vue : le sac à dos.
Si tu te retrouves avec plusieurs auto-stoppeurs sur le même spot, sois fair-play. Le premier arrivé prend la meilleure place. Mais n’hésite pas à engager la conversation. J’ai parfois été surpris de voir un « adversaire » me faire signe de monter dans la voiture dans laquelle il venait de plaider ma cause.
Et s’il ne joue pas le jeu, ne t’énerve surtout pas. Le karma finira par lui mettre des bâtons dans les roues. Si tu pars avec ce mental-là, tu verras, tu avanceras plus vite que tu ne le crois.

Sois convivial
Une fois dans la voiture, sois aimable. Le conducteur a été assez gentil pour te prendre à bord, rends-lui la pareille. Engage la conversation sans être trop intrusif. Je me souviens d’un routier qui venait de se séparer de son épouse. Il m’a parlé de ses enfants et des difficultés de son métier pour entretenir une vie de famille stable. Ce fut un moment fort. Les gens se confient parfois plus facilement à un inconnu.
Et puis, une bonne conversation fait passer le temps. Sur Paris–Istanbul, un chauffeur autrichien écoutait de la musique bavaroise à fond. Toujours la même cassette… en boucle… sans un mot ! Ces deux heures avec lui m’ont paru longues, longues…

Prépare-toi
Un peu de préparation ne fait pas de mal. Rien de contraignant, mais connais au moins les villes susceptibles d’être sur ton chemin et prévois un itinéraire bis. N’oublie pas d’emporter des feutres épais et indélébiles et quelques morceaux de carton. De nombreux sites parlent de l’auto-stop en Europe et dans le monde. Renseigne-toi. Voici le wiki du pouce levé. C’est en anglais, mais si tu voyages en auto-stop, ça ne devrait pas t’arrêter.
- Marcher davantage sans y penser - 2026-09-11
- J’ai réservé l’Hostel De Haan, pas à De Haan - 2026-09-09
- Poser mon sac peut me renflouer - 2026-09-07
