Il existe des mots qui racontent un pays mieux qu’un long discours. En Grèce, Parakalo (Παρακαλώ) est de ceux-là. C’est l’un de mes « mots de voyage » préférés. Derrière cette simple formule de politesse se cache toute la chaleur d’un peuple qui a fait de l’hospitalité un véritable art de vivre.
Petit mot en apparence tout simple, parakalo (Παρακαλώ) résume, à mes yeux, toute la convivialité grecque. On l’entend partout et en toute occasion. Après un efkaristo (Ευχαριστώ), c’est-à-dire « merci », il signifie tour à tour « je vous en prie », « à votre service » ou encore « s’il vous plaît ». Les Grecs le servent à toutes les sauces, au point qu’il est devenu un véritable réflexe de langage. Beaucoup n’y voient sans doute qu’une simple formule de politesse. Moi, j’y entends bien davantage.
Bien plus qu’une formule de politesse
À chaque fois que je remercie quelqu’un en Grèce, j’aime entendre ce parakalo en retour. Cette réponse me donne l’impression que le service rendu l’a été avec plaisir, presque naturellement. Je ne suis pas dupe. Je me doute bien que, pour les Grecs, cette formule n’est qu’un automatisme. Une simple forme de politesse. Mais à mes oreilles de voyageur, elle traduit une manière d’accueillir l’autre avec simplicité et générosité. Je l’avoue, je préfère de loin ce parakalo à notre habituel « de rien ».

Une sonorité qui chante
Je ne sais pas vous, mais dès ma première rencontre avec ce mot, j’ai aimé la sonorité de ce qui allait devenir l’un de mes « mots de voyage » : Parakalo. C’était à Rhodes. Le responsable du bar nous enseignait quelques rudiments de grec. À chaque remerciement, il ponctuait notre échange d’un parakalo bien sonore, avec ce rrr qui roule comme une roulette un peu folle. Un mot qui chante comme une petite musique…

C’était un peu comme le refrain d’une chanson. À chaque efkaristo, répondait un joyeux parakalo, parakalo ! J’aimais autant l’entendre que le prononcer. Ce mot avait une musique, un rythme, une façon bien à lui de rouler les rrr qui le rendaient immédiatement sympathique. Sans même m’en apercevoir, je l’ai emporté avec moi. Aujourd’hui encore, la façon dont ce mot se faufile dans mon oreille est un véritable plaisir.
Certains diront peut-être que j’exagère. Que Parakalo n’est qu’une simple formule de politesse. Peut-être. Mais il existe des mots qui racontent un pays mieux qu’un long discours. À mes oreilles, parakalo restera toujours un peu plus qu’un simple mot. C’est le souvenir d’un accueil, d’un sourire et d’une terrasse ensoleillée à Rhodes. Pour moi, ce mot à lui seul raconte la Grèce.
