J’emporte toujours mon réchaud en balade. Il rythme mes journées et m’offre une boisson chaude quand j’en ai envie. Et surtout, quand d’autres marcheurs passent par là, le café ou le thé fait parfois le reste.
En balade comme en randonnée, j’emporte toujours mon petit réchaud et une cartouche de gaz. C’est un peu comme un toc. Sur un petit trajet, je pourrais sans doute m’en passer. Mais ma popote fait partie de ces objets qui ont fini par trouver leur place définitive dans mon sac à dos.
Si je traîne mon réchaud partout, c’est parce qu’il me permet de régler le tempo de ma journée.
Une journée bien découpée
J’ai une façon bien à moi de ponctuer ma journée par de petites pauses. Je fonctionne par périodes de 90 minutes. Lorsque je quitte le bivouac, je marche pendant 70 à 75 minutes. Puis, je m’accorde une petite pause de quinze à vingt minutes. Et je repars au même rythme.

En fin de matinée, j’inclus ces quinze minutes dans mon temps de midi. 15 + 30… J’ai 45 minutes pour me préparer à manger et déjeuner.
Avec cette méthode, j’enchaîne trois périodes de marche le matin si je pars entre 7 h et 7 h 30. Ou seulement deux si je quitte l’hôtel ou l’auberge un peu plus tard. Et rebelote l’après-midi. Deux ou trois périodes de 90 minutes. Au bout de la journée, j’ai passé huit ou neuf heures sur la route. Une journée de boulot, finalement.
Une boisson chaude pour se poser ?

Et mon réchaud, là-dedans ? Grâce à lui, je peux m’autoriser un café ou un thé. Mais aussi un chocolat chaud, une soupe et même du porridge si j’ai un peu faim.
Entre l’assemblage du réchaud et le moment où j’ai terminé ma boisson chaude, il s’écoule une dizaine de minutes. Le temps de laisser refroidir les parties chaudes avant de ranger le tout dans la « popote ».
Un arrêt d’un quart d’heure, c’est la durée idéale pour ne pas me refroidir tout en laissant les muscles se détendre. Un petit détail important : j’en profite souvent pour me mettre pieds nus. Une habitude qui m’empêche de cultiver l’ampoule.
Un peu de convivialité
La pause-café se déroule rarement en solitaire. Il n’est pas rare, lorsque je me repose, d’être rejoint par d’autres marcheurs. Dans ce cas, je propose du café ou du thé.

C’est en partageant un thé avec deux Allemandes et deux Australiennes que j’ai fait une de mes plus belles rencontres en randonnée. C’était sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, un peu avant Guernica.
Les quatre femmes marchaient ensemble depuis deux jours. J’étais assis sur une souche dans un sous-bois et je leur ai proposé un thé. Elles ont accepté. Et on est repartis ensemble. Notre groupe a tenu cinq jours, jusqu’à Bilbao. Là, Maria et Bille sont retournées à Munich, mettant leur Camino entre parenthèses jusqu’aux prochaines vacances.
Encore aujourd’hui, j’ai des contacts avec Maria et Bille et je parle régulièrement avec Doreen et Luella via WhatsApp.
J’offre le café, pas l’eau
La seule règle que j’impose, c’est que j’offre le café ou le thé, mais je ne partage pas mon eau. Chacun m’en donne un peu à chauffer. En randonnée, la réserve est précieuse. Et c’est aussi ce qu’il y a de plus lourd à porter.
Je pars donc du principe que chacun contribue à hauteur de ce qu’il va boire. J’offre quelques grammes de café soluble ou de thé, je partage ma réserve de combustible, mais chacun son « Château Lapompe ».
Et les terrasses, alors ?
Prendre ma pause dans un café ? Mais bien sûr que je m’octroie ce petit plaisir. C’est agréable de s’asseoir à l’ombre d’une terrasse en été ou de se mettre à l’abri de la pluie et du froid en automne et en hiver.

Le top du top, c’est de revenir dans un lieu que l’on connaît déjà. Comme chez Daniela, au Cosmai Café à Pohořelec, près du château de Prague. Chaque fois que je passe dans la capitale tchèque, je m’arrête une ou deux fois chez elle. Et la conversation reprend comme si on s’était vus le jour d’avant.
Finalement, peu importe que le café sorte de ma popote ou arrive sur une soucoupe. Il faut juste prendre le temps de s’arrêter. Et de partager.
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