Quand ils voient mon « petit » sac à dos, de nombreux randonneurs s’étonnent. En partant vers Saint-Jacques-de-Compostelle, j’ai fait taire mes peurs. Je n’ai emporté que l’essentiel : 9 kilos, sans eau. On voyage plus léger quand on apprend à faire confiance au chemin.
Partir léger ! Voilà sans doute le premier conseil qu’un randonneur expérimenté donnera à un débutant : « N’aie pas peur de l’imprévu. Avec un peu de bon sens, on trouve presque toujours une solution avec ce qu’on a sous la main. »
Ce sont bien nos peurs qui alourdissent nos sacs à dos. Peur d’avoir froid ? On ajoute un pull. Peur d’avoir faim ? On emporte des conserves. En 1987, le randonneur inexpérimenté que j’étais est parti jusqu’à Istanbul avec deux boîtes de cassoulet… sans jamais les ouvrir ! À force d’anticiper tous les imprévus, on finit par porter bien plus que le matériel dont on a réellement besoin. Mon expérience m’a appris à faire davantage confiance à mon bon sens qu’à mes peurs.
Choisir son sac, c’est déjà voyager léger

Faire taire ses peurs ne signifie pas partir à l’aventure les mains dans les poches. Tout commence par le choix d’un sac adapté à sa morphologie et au type de randonnée que l’on va faire. Les vendeurs des magasins spécialisés prodiguent souvent d’excellents conseils. Surtout s’ils te font essayer plusieurs modèles. « Le sac à dos doit être suffisamment confortable pour se faire oublier et assez compact pour empêcher d’emporter l’inutile« , répète Lindsey à ses clients au rayon randonnée de l’AS Adventure de Hognoul. Personnellement, mon sac à dos est devenu mon premier garde-fou contre le réflexe du « prendre au cas où ».
Donc, quand je pars en randonnée, je suis très attentif à ce choix. Je ne cherche pas un sac parfait, mais un compagnon de voyage qui me ressemble. Pour Saint-Jacques-de-Compostelle, j’avais choisi un modèle léger, confortable et capable de s’adapter aux conditions que j’allais rencontrer pendant ce mois de marche. Je pensais avoir trouvé le compagnon idéal… jusqu’à ce que le Camino me réserve quelques surprises.
Mon choix pour le Camino del Norte
Il n’existe pas de sac à dos universel. Une journée de travail, une randonnée de quelques heures ou un mois sur le Camino n’imposent pas les mêmes contraintes. Je possède donc plusieurs sacs, chacun adapté à un usage précis.
Le sac qui m’a accompagné sur le Camino del Norte répondait à des exigences plus techniques. Les critères de choix étaient complexes. J’ai fini par trouver mon bonheur en adoptant le sac à dos Lowe Alpine Airzone Trek+ d’une capacité de 45 à 55 l :

- ✅ Léger et robuste, il a enduré un mois de marche sans montrer de faiblesse.
- ✅ Le système de portage est très confortable, même après plusieurs heures de marche.
- ✅ Le dos en filet crée un espace ventilé qui limite la transpiration, sans nuire à la stabilité dans les passages difficiles.
- ✅ Les compartiments permettent de séparer le couchage, les vêtements et le matériel de cuisine.
- ✅ L’ouverture en U est un atout : pas besoin de vider le sac pour récupérer un objet rangé au fond.
- ✅ Le compartiment inférieur accueille la tente, le sac de couchage et le matelas : organisation optimisée.
- ✅ La poche frontale en filet permet de glisser une veste, une serviette ou du linge qui doit sécher.
- ✅ Les anneaux d’ancrage permettent de fixer du matériel volumineux.
- ✅ La coiffe offre un accès immédiat aux objets que j’utilise fréquemment.
- ✅ Les poches et les filets latéraux sont accessibles en marchant. Pas besoin de retirer le sac pour saisir la gourde.
- ✅ Les poches de ceinture embarquent le téléphone, un couteau et des en-cas, toujours à portée de main.
- ✅ Les rappels de charge et les sangles de compression permettent d’ajuster le portage en fonction du terrain.
Le chemin commence dans le sac à dos
Une fois le sac adopté, il faut encore apprendre à cohabiter avec lui. Et cela ne s’improvise pas. Mais pas de panique ! Au fil des kilomètres, chaque objet trouvera naturellement sa place. Chaque randonneur développe ses habitudes. Elles deviendront vite des automatismes. Peu à peu, le sac cesse d’être un bagage pour devenir un compagnon de route. Il m’arrive même de lui parler dans les moments les plus difficiles.

Bien choisir son sac à dos et savoir l’organiser. C’est le début d’une randonnée réussie. Photo © Suhyeon Choi — Unsplash
Pour le rangement, pas de recette miracle. Je m’inspire des conseils des randonneurs expérimentés. Je glisse les objets lourds au centre du sac, contre le dos. C’est une question de centre de gravité. Je range le matériel léger vers l’extérieur, dans la partie supérieure. Mes vêtements viennent boucher les trous et stabiliser l’ensemble. L’important, c’est que les charges soient réparties harmonieusement entre la gauche et la droite afin de préserver l’équilibre. Pour le reste, chacun développe sa propre méthode.
Le compartiment inférieur
J’y range tout le matériel de bivouac : la tente, le sac de couchage, le matelas de sol et le sac à viande. Ce compartiment reste réservé au couchage. Je n’en ai besoin qu’en fin de journée. Le sac conserve ainsi une bonne assise quel que soit le moment où je décide de le poser.
Je t’avais parlé de surprises. Voici la première : mon sac à viande thermique m’a souvent suffi pour me tenir chaud la nuit, surtout dans les refuges pour pèlerins.
Le compartiment principal
Le compartiment supérieur accueille tout ce qui rythme ma journée de marche. Je vais le décrire de bas en haut, puisque l’ouverture en U permet d’accéder à tout son contenu sans avoir à tout sortir. C’est d’ailleurs l’une des grandes qualités de ce sac.
Tout au fond, contre mon dos, je range le sac à popote, la pharmacie, la pompe filtrante Katadyn et la trousse de toilette.
Au-dessus, je glisse un sac étanche contenant quelques vêtements de rechange : un tee-shirt, un boxer, des chaussettes et un short.
Enfin, tout en haut, je garde la polaire et les sandales. Elles restent accessibles en un instant, simplement en soulevant la coiffe, lorsque la météo change ou lorsque j’arrive à l’étape.

Les autres rangements
La coiffe accueille le chargeur du téléphone et quelques petits objets dont je peux avoir rapidement besoin.
À l’avant du sac, la grande poche en filet reçoit une pochette que j’ai confectionnée dans un vieux gilet fluo. Elle protège ma veste de pluie. Cette housse jaune est aussi un élément de sécurité important pour être vu lorsque je marche au bord d’une route. Un seul objet, plusieurs fonctions.
Sur les côtés, je répartis le matériel pour conserver un bon équilibre. Les piquets de tente et les couverts prennent place à droite. J’ai également abandonné la poche à eau au profit d’une simple bouteille d’un litre en plastique rigide. Avec la pompe filtrante Katadyn, je peux me ravitailler presque partout. C’est plus léger, plus simple et beaucoup plus pratique. La bouteille trouve sa place en dessous de la poche, dans le filet de droite.
Sur le côté gauche, dans la poche, je glisse un carnet de notes ainsi que la batterie externe. Elle avait d’abord trouvé sa place dans la coiffe. Je l’ai finalement descendue dans cette poche afin de rapprocher son poids du centre de gravité du sac. Dans le filet, je garde un sac plastique et du papier absorbant, un accessoire que l’on apprend vite à toujours avoir sous la main.
Enfin, dans les poches de ceinture, je garde la lampe frontale, le lecteur MP3, le baume à lèvres, la crème solaire et quelques petits objets indispensables. Ils restent accessibles sans que j’aie besoin de retirer le sac.
Voilà, le sac est bien rangé, avec uniquement des objets souples contre la face avant. Je peux m’asseoir dessus, l’utiliser comme dossier ou même comme oreiller, sans craindre de casser du matériel ni d’abîmer le tissu. C’est un détail… qui finit par rendre de grands services.
Les astuces maison qui font la différence
Pour confectionner des repose-poignets, j’ai plié un cordage de 6 mm de diamètre en deux. Je l’ai fixé au niveau du système de réglage du dos. Il suffit ensuite de passer un brin sur chaque bretelle et de former une boucle à chaque extrémité. Ce petit bricolage soulage mes poignets et mes épaules pendant la marche.
Autre touche personnelle : j’ai récupéré un sac de croquettes pour chien de 20 kg. J’ai découpé l’empreinte du fond du sac à dos dans ce plastique très épais. Elle me sert de protection supplémentaire. Je la glisse dans le compartiment de rangement sous la housse de pluie, tout en bas du sac. Je peux ainsi poser mon sac où je veux, même sur l’herbe humide ou un sol mouillé. Pratique et pas cher !
Sauvé par La Poste

Le jour du départ, mon sac pesait près de 11 kg à sec, ou 12,5 kg avec la poche à eau de deux litres. À Lourdes, après quelques centaines de mètres entre l’arrêt du car et le Bar des PTT, j’ai compris que j’en avais trop emporté. Plus de deux kilos sont repartis à la maison par La Poste. Mon dos lui en est encore reconnaissant.
À Compostelle, mon sac ne pesait plus que 8,7 kg avec un litre d’eau. La différence se ressentait à chaque pas.
Et toi, comment organises-tu ton sac à dos ? As-tu une astuce, un bricolage ou une habitude qui te facilite la vie en randonnée ? Partage-les dans les commentaires. Je serai heureux de les découvrir.
Il n’existe pas de manière universelle d’organiser un sac à dos. Je suis convaincu qu’avec les kilomètres, chacun peut trouver sa propre méthode. Ce qui compte, ce n’est pas de copier celle des autres, mais de construire la sienne, pas à pas.
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