Un voyageur échange avec une vendeuse à un stand de fruits à Chiang Mai

Apprendre quelques mots pour briser la glace en voyage


Quand je débarque quelque part, je n’ai pas la prétention d’apprendre la langue du pays en quelques jours. Mais il y a des mots que j’aime connaître avant même d’avoir posé mon sac à dos : bonjour, merci, s’il vous plaît… C’est une marque de respect à l’égard des habitants.

Il est important de faire montre de respect à l’égard de la langue et de la culture du lieu que l’on visite. Selon moi, être capable de prononcer quelques mots choisis en fonction des circonstances est déjà une manière de faire preuve de considération.

Derrière cette petite manie se cache quelque chose de plus sérieux. Parler quelques mots dans la langue de celui que je rencontre, même maladroitement, c’est déjà faire un pas vers lui. Je pourrais me débrouiller en anglais ou en français, mais je préfère commencer par faire l’effort de parler sa langue.

La Finlande, le déclic

Quand je suis allé rendre visite à mes amies Päivi et Mariika, en Finlande, je n’avais pas encore pris cette habitude. Je suis resté près de trois mois dans le pays et j’ai eu l’occasion de côtoyer le finnois. Je me suis vite rendu compte que l’accueil était meilleur quand je commençais par dire huomenta ou hyvää päivää plutôt que par un simple hello en anglais.

Le salon du glacier installé dans un ancien tramway sur la place du marché de Turku en Finlande
Je voudrais un grand cornet de glace au chocolat. Ce qui se dit en finnois : yksi iso suklaatötterö, kiitos.

À Turku, j’avais ainsi ajouté une phrase d’une importance capitale à mon vocabulaire : yksi iso suklaatötterö, kiitos. Il fallait bien être capable de commander un grand cornet de glace au chocolat sans demander à Päivi ou Mariika de le faire à ma place. Même démarche pour connaître le prix des lihapiirakka, ces petits pâtés à la viande qui étaient vendus à tous les coins de rue. Paljonko lihapiirakka maksaa ?

Parfaire son espagnol sur le Camino

En partant du même principe, je suis arrivé en Espagne avec quelques phrases de castillan. Mais nada en euskara (basque) ni en galego (galicien). Alors, comme au début je marchais seul, j’en ai profité pour faire le plein de nouvelles expressions auprès des marchandes de quatre saisons, des commerçants et des hospitaliers dans les albergues de peregrinos.

Luela et Doreen lors d'une pause photo sur le Camino del Norte
Luela et Doreen sur le Camino del Norte, le 22 avril 2018. Immersion australienne en Espagne.

Ensuite, avec Bille, Maria, Doreen et Luela, on est passé (très peu) à l’allemand et à l’anglais. De l’anglais australien, pour être précis. Et ça, c’est quelque chose ! Entre les chansons ânonnées à tue-tête pour se donner le rythme et les conversations autour de mon petit réchaud à gaz, je suis devenu un expert. Il me tarde de rendre visite à Doreen et Luela dans le Queensland.

Je comprends le polonais sans avoir été à l’école

En 1989, juste après la chute du mur de Berlin, je suis allé rendre visite à une amie et je suis tombé amoureux de la Pologne. Pendant quatre ans, j’ai multiplié les allers-retours. J’ai séjourné longtemps à Poznań et j’y ai même travaillé un peu. À force, j’ai fini par apprendre suffisamment de polonais pour m’exprimer et me débrouiller dans la vie quotidienne.

Avec des amis sur le Stary Rynek devant les façades historiques de Poznań
On passe sur le Stary Rynek, la grande place historique au cœur de Poznań.

Je n’ai jamais pris de cours et ma connaissance de la grammaire polonaise est loin d’être parfaite. J’ai appris la langue dans la rue, auprès des gens que je côtoyais et, surtout, parce que la vie quotidienne m’y obligeait. Acheter à manger, me déplacer ou simplement discuter : il fallait bien parler. À force d’écouter, de répéter, de me tromper et de recommencer, c’est venu tout seul.

Apprendre le thaï ? Au restaurant, bien sûr.

Depuis que j’envisage de partir en Thaïlande, la situation est différente. Cette fois, je voudrais arriver dans le pays en connaissant quelques mots et surtout en sachant bien les prononcer. Je veux être capable de m’exprimer correctement. Parce que mon ambition est peut-être d’y rester un certain temps.

Échanger avec le personnel des restaurants thaï, une bonne idée.
À Bangkok, les restaurants sont aussi de bons endroits pour échanger quelques mots avec les habitants.

Je suis pragmatique. Mes premières leçons de thaï, je ne les prends pas dans une salle de cours, mais au restaurant. Les membres du personnel sont souvent originaires de Bangkok, Pattaya ou Phuket. Je peux leur demander comment prononcer un mot, écouter, répéter et me faire corriger. Au début, ça les agace un peu. Puis je mange phet mak, aussi pimenté qu’eux, et là, comme par magie ça passe mieux.

Le resto, c’est une façon plutôt agréable de préparer un voyage : apprendre la langue à table avant d’aller parler thaï dans le pays.

En définitive, quelques phrases ou une conversation entière, ce n’est pas le nombre de mots qui compte, c’est l’intention. Alors, si tu pars bientôt, tu trouveras dans la plupart des guides de voyage quelques phrases utiles dans la langue du pays. N’hésite pas à apprendre à dire bonjour, merci et bonsoir… C’est un premier pas vers l’autre.

Alain Demaret
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