Les trois filtres de Socrate : ma règle avant de publier


J’essaie d’appliquer les trois filtres de Socrate à chaque texte que je publie. Est-il vrai, utile et bienveillant pour celui qui le lira ? Trois questions toutes simples qui me rappellent qu’écrire, c’est aussi être responsable de ce que l’on donne à lire.

On les appelle les trois filtres de Socrate, mais rien n’atteste que ce soit le philosophe grec qui les ait inventés. Une formulation très similaire existe dans un texte de la missionnaire protestante Amy Carmichael publié dans Edges of His Ways en 1955. La religieuse y parle de trois tamis nommés vrai, bienveillant et nécessaire.

Mais bon, ils sont aujourd’hui connus sous le nom des filtres de Socrate. Je ne suis pas historien et je vais donc, moi aussi, leur donner ce nom.

Porta Nigra à Trèves en Allemagne

La responsabilité de tout auteur

Quand je rends un texte public, j’estime endosser une grande responsabilité éditoriale et morale. Avant d’appuyer sur le bouton Publier, je passe le texte à la moulinette attribuée à Socrate.

L’histoire de ces trois filtres raconte qu’un beau jour, l’un de ses disciples arriva auprès du maître, très agité. Il raconta au philosophe qu’un de ses amis lui avait parlé de Socrate en des termes pour le moins malveillants.

En entendant cela, Socrate le pria de se calmer. Après avoir réfléchi un instant, il demanda à son disciple de patienter encore un peu avant de raconter ce qu’il avait entendu.

Le philosophe mit son élève en garde : Ton message devra passer par trois filtres. Réfléchis à ce que tu vas dire et, si ton propos ne passe pas les trois filtres, il n’est pas digne d’être écouté.

Illustration évoquant les trois filtres attribués à Socrate

Les trois filtres attribués à Socrate

Le premier filtre : Vrai

Le sage posa une première question : Es-tu absolument certain que ce que tu vas me dire est vrai ? Après réflexion, le disciple dut admettre que non.

Le second filtre : Bienveillant

Ensuite, le maître posa la seconde question : Est-ce que ce que tu vas me dire est quelque chose de bien ? Le disciple répondit qu’il n’y avait rien de bienveillant dans son propos.

Le troisième filtre : Utile

Pour terminer, le philosophe posa sa troisième question : Ce que tu vas me dire va-t-il me servir ? Son disciple hésita. En réalité, il ne savait pas si cette information serait utile à son professeur ou non.

Si ce que tu souhaites me dire n’est ni vrai, ni bon, ni utile, pourquoi voudrais-je le savoir ?répondit Socrate.

C’est avec cette idée en tête que je choisis mes sujets. Je veux proposer des articles avec une plus-value fondée sur l’expérience, des sources vérifiables et identifiables, le tout dans un ton clair et direct.

Vrai, parce que je vérifie ce que j’affirme et j’identifie mes sources.

Bienveillant, parce que je peux critiquer, raconter une mauvaise expérience ou ne pas être d’accord sans chercher à nuire.

Utile, enfin, parce que je me demande ce que le lecteur retirera réellement de l’article.

Et puisque l’audience des Pas d’Alain est en hausse constante, je me dis que cette manière d’écrire n’est peut-être pas si mauvaise.

Alain Demaret
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