L’aventure, ça te tente ? Oh, je ne parle pas de partir au bout du monde. Aujourd’hui, l’aventure commence au coin de la rue. Elle commence en sortant de chez soi, en allant au boulot ou simplement en modifiant une vieille habitude. Allez, en route !
Pas besoin d’aller bien loin pour épicer son quotidien, s’éloigner des écrans et renouer avec un peu d’imprévu. Découvrir ce parc qui est si proche de la maison qu’on n’y a jamais mis les pieds. Suivre quelques balises rouges et blanches du GR qui traverse le village. Aller faire ses courses sans prendre la voiture. Autant de petites aventures qui commencent sur le pas de la porte et réservent parfois de jolies surprises.
L’imagination pour seule limite
J’adore Londres. C’est une ville qui m’émerveille à chaque séjour. Et encore maintenant… il m’arrive de découvrir la beauté insolite d’un quartier caché derrière une porte ou une haie. La première fois que je suis allé à Earls Court, à l’été 1986, je passais devant de jolies impasses aux fenêtres colorées de fleurs.
On ne voit rien de tel à Waremme ou à Liège, même si le décor est similaire.
Parfois, une barrière exceptionnellement ouverte me laissait entrevoir un jardin privé. Comme celui de la scène du « saperlipopette » dans Coup de foudre à Notting Hill, lorsque Julia Roberts et Hugh Grant escaladent la grille d’un petit parc au milieu de la nuit.

Marine ne prend plus le bus
Marine prend le train et le bus pour aller au boulot. Pour elle, l’aventure commence en 2022, lorsqu’elle décide de ne pas attendre le bus :
Je connaissais le chemin, mais pas les petits commerçants qui se trouvaient sur la route. Les premiers jours, j’ai eu l’impression de me glisser dans les godasses d’une exploratrice des temps modernes. À la découverte de cette ville où je viens travailler tous les jours.
En marchant, j’ai découvert une merveilleuse boulangerie artisanale qui offre un excellent café. Sur place, pas à emporter ! Juste un geste convivial et gratuit pour remercier les clients fidèles.
Depuis, je marche ces vingt petites minutes tous les matins et j’essaie de varier le trajet.
Avantages : je ne paie plus d’abonnement de bus — 37 euros économisés par mois. J’arrive souvent plus tôt au bureau : plus d’embouteillages. Je marche plus de 15 000 pas par jour. Un plus pour ma santé. Et trois kilos perdus, jamais repris. Au-delà de ça, j’ai tissé de nouveaux liens avec les commerçants locaux et j’ai appris à aimer la pluie.


Profiter de l’occasion
Lors d’un autre voyage à Londres, l’Eurostar a été retardé de deux heures. Plutôt que d’attendre à St-Pancras, j’ai quitté la gare pour explorer les alentours. Mon but était de trouver un pub ou un salon de thé pour prendre une boisson bien moins chère que dans les boutiques de la gare.
Je n’ai pas trouvé de pub. Mais j’ai visité la boutique d’un antiquaire vraiment fou. Installé dans ce qui semble être l’entrée d’un ancien tunnel, il fait son petit commerce au milieu d’une foule d’objets aussi hétéroclites qu’étranges.
J’ai flâné dans un parc et admiré une très jolie petite église adossée à un hôpital public. Tout ça en tournant dans une rue, puis une autre et encore une autre… plutôt qu’en restant bêtement assis sur mon siège à la gare.

La microaventure sportive
À vélo aussi, l’aventure commence au coin de la rue. Il suffit parfois de quitter la maison et de se laisser porter par les hasards de la route.
Un de mes collègues pompiers fait plusieurs balades à vélo par semaine :
Pour ne pas toujours faire le même trajet, je suis les panneaux directionnels en prenant les noms des villes dans l’ordre alphabétique : Amay — Huy — Namur — Waremme… À chaque sortie, son astuce. Parfois, je fais plus de kilomètres que prévu, d’autres fois beaucoup moins… Et si je suis vraiment perdu, il y a toujours une bonne âme à qui demander mon chemin.

J’aimerais laisser le dernier mot au Britannique Alastair Humphreys, l’inventeur du terme microaventure.
Une microaventure est une aventure courte, simple, locale et peu coûteuse, mais qui reste amusante, stimulante et gratifiante.Alastair Humphreys
