Du soda dans la gourde ? Pas le meilleur choix !


Je viens de marcher des kilomètres sur une étape un peu rude. Je suis en nage et essoufflé. Je n’ai qu’une envie : me ruer sur un soda glacé et rafraîchissant. Le bonheur ! Et pourtant, pendant ou juste après l’effort, c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire.

En général, en chemin, je bois de l’eau, du thé — chaud ou froid — ou du café — chaud ! Comme beaucoup de randonneurs, en définitive. Mais quand la journée a été vraiment éprouvante, j’ai parfois un mauvais goût métallique en bouche. Normal, j’ai un peu forcé dans les côtes ou effacé beaucoup trop de kilomètres. À ce moment-là, n’importe quel soda frais et sucré ferait mon bonheur. Eh ben non ! Même si, sur le moment, il me donne l’impression d’être désaltéré, je me trompe sur toute la ligne. Et je vais t’expliquer pourquoi.

Du sucre ? Oui, mais pas cul sec !

Quand t’as vraiment soif, une canette de 33 cl ne dure pas une heure, hein ? En trois minutes, elle est pliée ! Et c’est là que commence le problème. D’un coup, d’un seul, j’avale une bonne trentaine de grammes de sucre. Tandis que mon corps, lui, il veut de l’eau.

Boisson sucrée bien fraîche juste après l’effort

Mais ce n’est pas le sucre, l’ennemi. C’est le temps. Au cours d’un effort long, comme lors d’une randonnée itinérante, le sucre est même recommandé pour fournir de l’énergie. C’est d’ailleurs pour ça qu’on mange tous des noix, des amandes ou d’autres fruits secs. Le truc avec le sucre, c’est qu’il ne faut pas le prendre n’importe comment. L’organisme doit pouvoir l’assimiler. Une trentaine de grammes répartis pendant l’effort, ce n’est pas la même chose qu’une trentaine de grammes descendus en trois minutes avec une canette.

Les jolies boissons fluos destinées à l’effort sont nettement moins concentrées en glucides qu’un soda. Elles contiennent même du sel pour compenser celui qu’on perd en transpirant.

Boire de l’eau pour rester hydraté pendant une randonnée

Et mon soda, lui, il n’a jamais prétendu être une boisson pour sportifs. Il est là pour me faire plaisir. Et ça marche ! Mais pour se réhydrater à l’arrivée, mieux vaut d’abord attraper sa gourde ou une boisson isotonique. Le soda, lui, il peut venir après.

Bref, pour rester hydraté, le soda fait illusion : trop de sucre d’un coup et trop peu de sel. Pour me réhydrater, ma gourde me convient parfaitement.

Énergétique ou énergisante ?

Énergétique, énergisante… Ça se ressemble, mais ce n’est pas du tout la même chose. Même des sportifs aguerris se font avoir. D’un côté, on a les boissons conçues pour accompagner l’effort et apporter de l’énergie. C’est pour ça qu’on les appelle « énergétiques ». Et de l’autre, les trucs pas mauvais au goût, mais pas faits pour la randonnée : les boissons énergisantes. Celles-ci, elles te donnent un bon coup de fouet avant de grimper le Ventouset, mais pas beaucoup plus. Confondre les deux quand on randonne, ce n’est pas vraiment une bonne idée. Petit rappel :

Les boissons énergétiques

Les boissons énergétiques sont faites pour accompagner l’effort. Elles apportent de l’eau, des glucides pour l’énergie et des sels minéraux pour compenser une partie de ceux qu’on perd en transpirant, notamment du sel.

Randonneuse buvant une boisson isotonique pendant l’effort

Pour une longue randonnée, elles peuvent être utiles, surtout s’il fait chaud ou si l’effort se prolonge. Pas besoin de sortir le tableau périodique des éléments : il suffit de jeter un p’tit coup d’œil à l’étiquette. Et pour une randonnée tranquille ? Une bonne gourde, de l’eau et des fruits secs à grignoter. Ça fera très bien l’affaire.

Les sodas énergisants

Les boissons énergisantes ne sont pas du tout conçues pour hydrater. Elles sont là pour donner un coup de fouet. Leur arme principale, c’est la caféine accompagnée d’une bonne dose de sucre. Et puis il y a la taurine. Non, ce n’est pas comme si un taureau te crachait dans la bouche : celle qu’on trouve dans ces boissons est synthétisée.

Canette de boisson énergisante contenant caféine et taurine

Bref, une canette de cette boisson-là peut te donner l’impression d’avoir retrouvé des ailes ou masquer un moment la fatigue. Mais sur un sentier de grande randonnée, énergisante ne veut pas dire énergétique.

Le secret ? Boire régulièrement.

« Le secret, me répète mon médecin, c’est de boire ré-gu-liè-re-ment. » Pas trois litres le soir parce que t’as oublié ta gourde ou que t’as la flemme de la sortir de ton sac à dos. Quelques gorgées de temps en temps, toutes les demi-heures par exemple. Et davantage quand il fait chaud ou que l’effort se prolonge. Et sur une longue étape, une boisson isotonique peut aussi faire du bon boulot.

Gourde remplie à une source d’eau en montagne

Pour ma part, je reste fidèle à l’eau, au thé ou au café quand je marche. Et mon soda glacé ? Il attendra un peu. Une fois l’effort terminé et la gourde vidée, je peux enfin me faire plaisir. Et si toi, tu préfères une p’tite bière, fais-toi plaisir…

Alain Demaret
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