En ce lundi de Pâques, j’avais envie de me dégourdir les jambes. J’ai choisi la plus vieille ville de Belgique comme destination. Je suis allé à Tongres. Une petite balade dans la patrie d’Ambiorix qui se termine par un cappuccino au Café Casque, sur la Grote Markt.
Il est environ 18 h 30 quand je gare ma voiture un peu en dehors de la ville. Il y a des horodateurs, mais le parking est gratuit tous les jours de la semaine à partir de 18 h. En ce lundi de Pâques, la ville est quasi déserte, en dehors de quelques badauds attablés aux terrasses couvertes et chauffées. Pour moi, c’est le moment idéal pour prendre quelques photos.

Le pape François vient de mourir. De la Sint-Truidenstraat, je peux apercevoir, au sommet du beffroi de la basilique Notre-Dame, le drapeau du Vatican en berne. Une image rare. Je prends la photo et je m’engage dans mon petit parcours de santé.
Deux mille ans d’histoire
Je suis dans la plus ancienne ville de Belgique. Enfin, c’est ce que disent les gens d’ici ! À Tournai, on revendique aussi ce titre. La petite querelle dure depuis longtemps. Le nom de Tongres est rapporté dans des écrits vieux de plus de deux mille ans. La fondation de la ville romaine remonterait à une quinzaine d’années av. J.-C. Malgré le poids des siècles, la cité est agréable, les rues sont propres et les façades bien entretenues. Difficile d’imaginer que les légions de Jules César sont peut-être passées par là.
Le beffroi classé par l’UNESCO

Devant moi, une imposante bâtisse en pierres calcaires dresse ses lignes gothiques vers le ciel. Il s’agit du beffroi de la basilique Notre-Dame, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Symbole d’autonomie urbaine au Moyen Âge, il servait notamment de tour de guet. Aujourd’hui encore, son carillon et ses 49 cloches rythment la vie de la ville.
Je poursuis ma balade en contournant la basilique. Je longe sa nef, dont la construction débute au XIIIe siècle sur les fondations d’édifices religieux plus anciens. Elle fut, un temps, la cathédrale de l’ancien diocèse de Tongres. Je passe devant la maison communale et débouche sur le Vrijthof, la petite place qui borde l’édifice religieux. De là, je découvre une autre facette du bâtiment, avec sa façade en pierre calcaire et ses vitraux finement travaillés.

Le musée gallo-romain
Je quitte le Vrijhof et passe devant le musée gallo-romain. Il est fermé à cette heure-ci. Dommage, car je considère ce lieu comme magique. Sa collection compte des dizaines de milliers de pièces et nous emmène de la Préhistoire à l’époque romaine et au début du Moyen Âge. Il a même été élu Musée européen de l’année en 2011.

La scénographie fait vraiment voyager le visiteur dans le temps. On entre notamment dans Atuatuca Tungrorum, la Tongres de l’époque romaine. Mais promis, je consacrerai bientôt un article entier au musée.
Une porte à pousser
Je continue mon chemin en flânant. Le calme de la ville s’y prête et, tout compte fait, je ne suis pas vraiment pressé.

Me voici à nouveau dans les rues commerçantes. Je ne peux m’empêcher de m’arrêter pour jeter un coup d’œil à la devanture de la Maison Puck, un chocolatier installé à deux pas de là. À l’occasion des fêtes de Pâques, la vitrine s’est parée de belles couleurs de saison. J’aime beaucoup ce bleu un peu passé et le soin que les propriétaires apportent à l’équilibre de leur vitrine. Une porte à pousser… Mais ce sera pour une autre fois. C’est fermé aussi.
Ambiorix
Au centre de la Grote Markt se dresse la célèbre statue d’Ambiorix, chef des Éburons qui a résisté à Jules César. C’est l’artiste français Jules Bertin (1826-1892) qui l’a réalisée. Érigée en 1866, elle montre Ambiorix scrutant l’horizon avec défi et piétinant les armes des soldats romains vaincus en 54 av. J.-C. Soit près de 40 ans avant la fondation de la ville.

Notre héros national, habillé d’une tenue germanique avec sa cape de chef guerrier, porte une épée à la ceinture et brandit une hache de combat. Nous sommes en plein dans l’époque romantique du XIXe siècle. Le sculpteur n’a pas lésiné sur les symboles. La clôture du monument est formée de lances, de flèches et de têtes de sanglier. Tout y est. Du moins, selon les critères de l’époque.
Et voilà, après l’effort, le réconfort. Je m’installe à la terrasse du Café Casque. Maintenant que je ne marche plus, je trouve qu’il commence à faire un peu frais. Je choisis un cappuccino pour me réchauffer un peu. Il est excellent, avec une mousse de lait onctueuse et compacte. Le prix est un peu élevé, 3,20 €, mais c’est la norme sur les terrasses de la Grote Markt.
Office du tourisme de Tongeren-Borgloon
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