Quand je marche sous un soleil de plomb, je veille autant sur mes chaussures de randonnée que sur mes pieds. Pourtant, j’ai longtemps cru que seuls la pluie et la boue les malmenaient. Jusqu’au jour où Mario, mon cordonnier, m’a montré les dégâts causés par la poussière, la chaleur et la négligence.
Je me souviens des sentiers de la Rota Vicentina, en Algarve. C’était le mois de septembre et pourtant la chaleur était accablante. À chaque pas, une poussière aussi fine que de la farine enveloppait mes chaussures. Pour la première fois depuis que je portais ce modèle, je ne me sentais pas à l’aise. Mes pieds chauffaient et j’ai senti les prémices d’une ampoule, moi qui n’en ai pourtant jamais.
Poussière fine, sable et Gore-Tex ne font pas bon ménage
Comme j’aime comprendre ce qui cloche, j’ai appelé mon ami Mario, le cordonnier de la rue Saint-Paul, à Liège. Je n’ai pas eu besoin d’en dire beaucoup. Il m’a tout expliqué en trois phrases : « La poussière bouche les pores du Gore-Tex et ton pied ne respire plus. Le sable fin se comporte comme du papier de verre qui s’infiltre dans ta chaussure. C’est pour ça que tu as des ampoules« . Puis, il a ajouté : « La poussière agit comme un buvard. Elle absorbe les huiles naturelles qui nourrissent le cuir et finit par le dessécher. Quand il fait chaud, passe un bon coup de brosse et nourris tes chaussures chaque soir. Pendant la nuit, les produits ont le temps de pénétrer en profondeur et le cuir retrouve sa souplesse. Tes chaussures sont de nouveau prêtes pour avaler des kilomètres. »

La méthode qu’on a mise au point avec Mario
J’ai terminé la Rota Vincentina en dix jours… et je porte toujours ces chaussures-là aujourd’hui. Voici la méthode que Mario m’a enseignée et que j’applique chaque fois que je marche sous un soleil de plomb.
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Il faut brosser les chaussures avec une brosse à poils souples. Ils n’abîment pas le grain du cuir et se faufilent partout pour déloger le moindre grain de poussière. J’évite ainsi que des grains fins ne s’infiltrent dans les pores du Gore-Tex. J’ai pris l’habitude de le faire chaque fois que je les enlève.Mario rappelle que la poussière fine et le sable agissent aussi comme un buvard : ils absorbent les huiles naturelles du cuir et l’assèchent. Un cuir asséché se rigidifie et finit par se fissurer aux zones de flexion.
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Le soir, au bivouac, j’enlève mes godasses de marche et j’enfile des chaussons. Je profite du repos des chaussures pour les brosser une nouvelle fois en profondeur, à l’extérieur comme à l’intérieur. Vous vous souvenez des ampoules ?
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Puis j’applique une crème de soin adaptée aux chaussures à membrane Gore-Tex. Je l’étends à l’aide d’un chiffon et je laisse sécher quelques minutes. Le temps de faire bouillir de l’eau pour la soupe, par exemple.
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Quand les chaussures sont sèches, je repasse un petit coup de brosse et je laisse mes godillots se reposer jusqu’au matin, le temps que le produit pénètre en profondeur et que le cuir retrouve sa souplesse.

Certains vendeurs conseillent de remplir la chaussure avec de l’eau tiède et de bien la secouer avant de la vider. Cette méthode permettrait d’éliminer le sel de la transpiration et d’évacuer la poussière qui a migré dans la doublure. Mario rappelle que, selon les modèles, les colles utilisées ou la qualité du cuir, ce n’est pas forcément la solution la plus adaptée.
Pour ma part, je ne réalise cette opération qu’une fois rentré à la maison, lorsque les conditions de séchage sont optimales.
Et vous, quels sont vos rapports avec vos chaussures de randonnée ?
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