Ma bougeotte a été nourrie d’Alain de Prelle et de Roger Frison-Roche. (Image créée par une IA à partir de photos de référence).

Frison-Roche, Verne et de Prelle m’ont jeté sur les routes


Tampon circulaire bleu représentant la catégorie « Récit de voyage » du blog Les Pas d'Alain avec une rose des vents.J’ai toujours voulu voyager. Ma bougeotte est née dans les récits de Frison-Roche et les romans de Jules Verne. Peut-être aussi dans le défi autour du monde qu’Alain de Prelle s’était lancé au début des années 1950. Depuis mes 15 ans, je n’aspire qu’à partir sur ses traces.

À l’origine de ma bougeotte, il y a une lecture imposée à l’école. Mon prof de français, Théo Botty, m’a initié à la littérature de voyage avec Premier de Cordée, de Frison-Roche. J’ai dévoré ses récits de montagne avant de découvrir son amour du désert en Afrique du Nord. J’ai lu ces livres-là aussi, mais ma préférence va à la vie près des sommets.

Il m’en fallait plus. À mes débuts de lecteur, j’ai terminé Tom Sawyer en un soir, à la lueur d’une lampe de poche. À 8 h 30, je devais dormir. Pas question : il me fallait connaître la fin.

Jules Verne… au fond de mon jardin

J’ai évidemment collectionné les Jules Verne. Avec mon argent de poche, j’avais de quoi m’en acheter un tous les quinze jours. Le Livre de Poche venait justement de sortir une série consacrée à l’auteur.

Certains matins, je me réveillais en Phileas Fogg, en Robur ou en Godfrey Morgan. Je me souviens qu’en hiver, je m’habillais chaudement pour aller lire dehors, assis sur une bûche, les pieds dans la neige. En été, c’était plutôt sur une botte de paille dans la grange près de chez mes parents. Je venais d’avoir 10 ans. Elles étaient là, mes aventures de gamin.

Alain de Prelle, le tour du monde avec mille francs

Vers 15 ans, j’ai commencé à travailler comme bénévole dans une bibliothèque. C’est là que j’ai découvert Le Tour du monde sur un billet de mille. Je me suis tout de suite passionné pour les périples d’Alain de Prelle, un journaliste et aventurier belge aujourd’hui oublié.

Il avait parié de faire le tour du monde avec seulement mille francs en poche. Pour trouver les autres livres, devenus rares, je m’étais rendu aux Éditions Dupuis à Marcinelle. Je voulais comprendre comment mon héros s’y était pris pour relever son défi.

Quatre livres d'Alain de Prelle qui ont nourri mon envie de voyager
Ces quatre livres d’Alain de Prelle qui ont nourri ma bougeotte.

Des livres aux aventuriers du petit écran

Ma bougeotte s’est aussi nourrie des récits du commandant Cousteau, d’Alexandra David-Néel et d’Alain Bombard. Et puis il y avait ceux que je rêvais de rencontrer.

À la télévision, je suivais les expéditions de Cousteau, les reportages de Haroun Tazieff lorsqu’un volcan entrait en éruption quelque part dans le monde, ou encore Paul-Émile Victor et ses aventures polaires. Ils incarnaient l’aventure.

Le Manuel du Routard me jette sur les routes

Le Manuel du Routard, la bible des baroudeurs de l'époque.

À 15 ou 16 ans, je suis tombé sur Le Manuel du Routard à la bibliothèque. Ce livre semblait être la Bible. On pouvait y lire que tout routard qui se respecte doit avoir fait Paris-Istanbul en stop au moins une fois dans sa vie. C’est pas une invitation à la bougeotte, ça ?

Mais avant le Grand Voyage en stop, j’ai préféré me tester sur quelque chose de plus facile : la Finlande en train. Direction Rovaniemi et le cercle polaire arctique pour rendre visite au Père Noël. Je te raconte ça ici. 2 500 km, seul avec mon sac à dos, un sac de couchage et 10 000 francs de l’époque en poche, soit 250 euros. Rien de plus !

Après ce premier voyage, ma bougeotte ne m’a plus jamais quitté. J’ai travaillé et économisé pour repartir. Et j’ai beaucoup lu. Le pari d’Alain de Prelle de faire le tour du monde sur un billet de mille me faisait toujours rêver. Je n’y tenais plus.

À 19 ans, j’ai mis tout ce que j’avais dans mon sac à dos et je suis parti pour Paris. Le point de départ de mon fameux Paris-Istanbul !

Paris-Istanbul, le stop, en vrai !

J’ai commencé le stop sur une aire d’autoroute, près de chez moi. Je devais aller à Paris, puisque le Manuel du Routard ne jurait que par Paris-Istanbul. Les Halles de Rungis ont été mon véritable point de départ.

D’un premier camion à une voiture, puis à nouveau en camion, j’ai traversé les Alpes, l’Italie et la Yougoslavie, où on nous a même tiré dessus — c’était le début des conflits des années 90. Puis la Grèce et enfin la Turquie.

J’étais parti sans aucune préparation. J’ai dû m’adapter et le hasard m’a souvent sauvé les miches. De tous mes voyages, c’est sans doute celui qui m’a laissé le plus de souvenirs.

Avec le temps, le Manuel du Routard a vieilli, et bien vieilli même. D’ailleurs, je ne pense pas qu’il soit encore édité. Pour ma part, mon regard a changé, l’expérience a pris le relais.

Désormais, je prépare mes voyages à ma façon en laissant une bonne part à l’imprévu.

Tout ça à cause des livres

Je me suis toujours amusé. J’aime vraiment rencontrer les gens et partager leur quotidien. Découvrir leurs façons de faire, différentes, souvent plus simples. Et surtout, confronter nos points de vue.

Max le baroudeur Interrail, à Lisonne

Au final, c’est souvent moi qui vois les choses autrement. Sans les livres de mon enfance, rien de tout ça ne serait arrivé.

Alain Demaret
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2 Replies to “Frison-Roche, Verne et de Prelle m’ont jeté sur les routes”

  1. Top Alain comme histoire…je me souviens quand tu me racontais qu’il fallait aller planter de pommes de terre en Pologne…et bien d’autres histoires raconté le soir dans une chambrette au VL …Biz 😉

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