Pour ma première traversée vers l’Angleterre, j’ai débarqué du Ferry à Douvres. Comme Bill Bryson. Lui, il a visité la ville et y a rencontré une fille. Puis il est parti se moquer gentiment des Britanniques avec ses réparties d’américain.

J’aime beaucoup lire les récits de voyage de Bill Bryson. Comme moi, il donne l’impression de flâner, de voyager au hasard. Mais c’est mal le connaître car il a toujours une idée derrière la tête.
J’ai entamé « Des cornflakes dans le porridge » en espérant suivre un itinéraire assez semblable au sien. Je rêve d’aller me recueillir sur la tombe de Sir Winston, de voir les Cotswolds et de suivre le Mur d’Hadrien. En fermant le bouquin, j’ai compris que je ne suivrais jamais ses pas. Je le trouve souvent amusant. Pourtant, il lui arrive parfois d’être méchant, juste pour le plaisir d’une bonne phrase dans un livre.
Américain, mais Britannique d’adoption
Bill Bryson a beau être américain, il connaît le Royaume-Uni comme peu de gens. Le jour où il a mis le pied sur l’île, il a rencontré cette jolie fille qui allait devenir sa femme. Il a vécu une bonne partie de sa vie au Royaume Uni.
Il a travaillé comme journaliste et même rédacteur en chef. Son mode d’emploi est écrit en anglais britannique bien plus qu’en américain.
On sent, à chaque page, qu’il détient les clés du pays. Il en connaît les qualités, les défauts… et surtout les travers. C’est d’ailleurs ce qui rend son humour si mordant.
Un dernier tour et puis s’en va
En 1994, Bill Bryson s’apprête à quitter le Royaume-Uni pour rentrer aux États-Unis avec sa famille. Avant de tourner la page, il décide de s’offrir une dernière balade.
Pas question de voyager en voiture, il veut côtoyer les gens. Il choisit les trains, les bus, les bacs, ses jambes… et parfois la voiture d’un inconnu ou d’un ami mis à contribution. Une façon de voyager qui me parle. Elle invite à ralentir, à patienter et à aller vers les autres.
Les détours valent souvent mieux que la destination
Avec Bill Bryson, on s’éloigne des sentiers rebattus par les touristes. Bien sûr, il passe saluer l’ombre de Shakespeare à Stratford-upon-Avon. Mais il préfère traverser le pays pour admirer une mosaïque romaine perdue au milieu d’un pré ou rechercher les vestiges oubliés d’un camp de prisonniers dans les Highlands écossais.
C’est ce que j’aime, car j’ai adopté la même façon de voyager. On tourne constamment le dos aux itinéraires les plus évidents pour aller voir ce que les autres ne regardent plus.
… Lui se moque souvent de ce qu’il découvre, et pas toujours gentiment.
J’ai voulu le suivre, puis je me suis ravisé
Bien sûr, j’ai dévoré ce livre presque d’une traite. Pas parce que je partage toujours le regard de Bill Bryson. Au contraire.
Il m’a donné envie de prendre le train à travers l’Angleterre, de marcher dans les Cotswolds, de traverser l’Écosse et de m’arrêter dans ces villages que l’on traverse toujours beaucoup trop vite.
Et puis il m’a rappelé une chose. On peut aimer profondément un pays tout en riant de ses petites manies. Mais pas en se moquant.
Ce que j’en retiens…
📙 Des cornflakes dans le porridge

Comme tous les récits de voyage de Bill Bryson, cet ouvrage est amusant et prenant. Il se lit facilement dans un bus ou un train sans que l’on voie le temps passer.
J’espérais y trouver un itinéraire original pour visiter la Grande-Bretagne. Si des idées ont germé, je me suis surtout régalé de l’impertinence de Bryson. Il observe les Anglais avec un œil acéré.
Je suivrais volontiers ses pas. Pas toujours son regard.
📖 352 pages · ⏱️ 8 à 10 h
📅 Petite bibliothèque Payot – 3 mai 2017
🏷️ EAN : 978-2228918121
€ Prix : 10,50 € pour le format poche
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