Waterloo, son lion, Napoléon et Wellington… Je croyais connaître l’histoire de cette bataille. Pourtant, une visite improvisée au Mémorial m’a fait découvrir une situation bien plus complexe. Deux siècles plus tard, l’Histoire reste bien vivante.
C’est un achat de seconde main qui nous a conduits, une amie et moi, à Braine-l’Alleud. De la maison du vendeur, on pouvait voir le lion de Waterloo, fièrement juché sur sa butte, observant les alentours. C’était un dimanche, on n’avait rien de mieux à faire et on est allés voir l’animal en bronze.
On ne s’attendait pas à passer la fin de notre après-midi au Domaine de la Bataille de Waterloo 1815. Ce fut une bonne surprise et une jolie plongée dans l’histoire.
Le hasard nous conduit au Lion de Waterloo
En arrivant sur le site du Lion de Waterloo, nous avons la bonne surprise de trouver un vaste parking. Nous commençons la visite par le Mémorial. Le bâtiment est presque entièrement enterré afin de ne pas dénaturer le site.

À l’intérieur, la visite permet de remettre les événements dans leur contexte et, surtout, de comprendre le déroulement de cette journée du 18 juin 1815. Une immense maquette restitue le champ de bataille, les positions des différentes armées et leurs mouvements. Uniformes, armes, objets et reconstitutions complètent le parcours.
C’est là que je découvre que Waterloo ne fut pas simplement l’affrontement entre Napoléon et les Anglais de Wellington que j’avais en tête. Plusieurs nations et des dizaines de milliers d’hommes se retrouvèrent engagés dans cette bataille.
Waterloo, morne plaine…
Je ne connaissais pas bien l’histoire de la bataille de Waterloo. Pour moi, il n’y avait que les Anglais de Wellington qui se battaient contre l’empereur. Mais non, l’armée de Wellington rassemblait aussi des Néerlandais, des Belges et des Allemands. Sans oublier les Prussiens de Blücher, dont l’arrivée fut décisive. Cela change ma perspective.

J’ai aussi découvert que l’armée française qui se battait sur place avait été fragilisée par les bouleversements politiques des mois précédents. Le commandement ne fonctionna pas toujours comme Napoléon l’aurait souhaité. Entre alliances dénoncées, déconfitures et trahisons, la défaite de Waterloo était décidément beaucoup moins simple que l’histoire que j’avais en tête.
Le lion
Le lion surveille la région, le regard tourné vers la France. C’est Guillaume Ier des Pays-Bas qui a érigé ce monument, d’environ 39 mètres, à l’endroit où son fils, le prince d’Orange, aurait été blessé au cours de la bataille.
On a, bien sûr, gravi les 226 marches qui mènent au sommet de la butte. De là-haut, le regard porte sur ce qui fut le champ de bataille.
Aujourd’hui, ce ne sont plus que des champs paisibles. Difficile d’imaginer qu’en juin 1815, le sang des milliers de soldats qui s’y affrontèrent a abreuvé ces terres agricoles. Le paysage a retrouvé son calme, mais les lieux portent encore le souvenir de la bataille.

Au loin, j’aperçois notre prochaine destination du jour : la ferme d’Hougoumont. Elle fut l’un des points stratégiques les plus disputés de la journée.
Ferme d’Hougoumont, point stratégique convoité
À un peu plus d’un kilomètre de la butte et du Mémorial, la ferme d’Hougoumont nous attend. Il existe une navette, mais la balade à pied, à travers les champs de maïs et de céréales, se révèle des plus agréables.
À l’entrée de la ferme, nous sommes accueillis par un guide portant l’habit des grognards. Il raconte comment la défense de Hougoumont est devenue un cauchemar pour les troupes de Napoléon.

Située à l’orée d’un bois, la ferme constituait une position stratégique que les Français devaient prendre. Pour l’atteindre, ils devaient notamment traverser un espace à découvert. Exposés au feu des défenseurs, les soldats français y subissaient de lourdes pertes. Les historiens lui donnent aujourd’hui un nom qui en dit long : le « killing ground ».
Des combats acharnés et un premier échec français
Les combats furent acharnés. Des Français parvinrent jusqu’aux murs. Certains réussirent même à pénétrer dans la cour en forçant la porte nord. Les défenseurs réussirent à la refermer derrière eux : les soldats français qui étaient entrés furent massacrés. Hougoumont ne tomba pas. Les fouilles archéologiques ont permis de retrouver de nombreuses balles de mousquet françaises et britanniques. Leur nombre témoigne de la violence des affrontements.

Le guide raconte un détail qui m’a marqué : les munitions abandonnées pouvaient se retourner contre les assaillants. En effet, les mousquets tiraient alors des balles sphériques en plomb. Celles utilisées par les Français étaient d’un calibre inférieur à celui des Britanniques. À court de munitions, un soldat anglais pouvait donc récupérer une balle française et la tirer avec son propre mousquet. L’inverse était impossible : le projectile britannique était trop gros pour entrer dans le canon français.
Un lieu toujours symbolique pour les troupes britanniques
Plus de deux siècles après la bataille, le lieu conserve une importance particulière pour les Britanniques. Plus spécialement la chapelle Saint-Nicolas, où de nombreux régiments viennent déposer des gerbes de coquelicots rouges en hommage à leurs soldats tombés au combat.

La reine Élisabeth II elle-même visita le champ de bataille en 1980. Elle est revenue à Hougoumont en 1993.
À l’intérieur de la chapelle se trouve un crucifix en bois, endommagé par un incendie le 18 juin 1815. Une légende raconte que les flammes se seraient arrêtées aux pieds du Christ. Petite anecdote sympa : le Christ a été volé en 2011. On l’a retrouvé en 2014, chez une personne qui affirmait l’avoir acheté sur une brocante.
Une journée qui ressemble à s’y méprendre à une microaventure suscitée par une occasion qui se présente. Aucun regret, je crois même que j’irai un jour revoir le Lion de Waterloo.
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