En me baladant samedi dernier, j’ai croisé un drôle de cadeau laissé sur le sentier par un promeneur dans le besoin. Je sais que quand c’est urgent, ben… faut y aller. Mais dans la nature, on ne fait pas ça n’importe où ni n’importe comment, même un p’tit pipi.
Comme tous les randonneurs, j’ai déjà connu l’une ou l’autre urgence digestive. Un resto pas trop frais sur le Camino vers midi et hop, la coulante me rattrape à quinze heures. Seulement quelques kilomètres de l’auberge. Et bien sûr, pas la moindre sanisette en vue. Même Ruffin avoue s’être laissé aller au milieu d’un buisson lors de son pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

Mais derrière ce geste banal se cache un véritable problème environnemental. Car laisser le moins de traces possible signifie aussi s’occuper de celles dont on parle rarement : les selles !
Un peu de prévoyance
C’est peut-être le B.A.-BA, mais ne rate jamais l’occasion d’utiliser des toilettes publiques. Même si tu n’éprouves aucun besoin pressant, prendre les devants permet souvent de retarder l’inéluctable…
S’il n’y a pas de toilettes à proximité, la prévoyance est aussi de mise. Trouve l’endroit approprié et creuse un trou d’au moins vingt (20) centimètres de profondeur. Pour te donner une idée, un téléphone portable mesure 15 ou 16 centimètres de long.

Comme rien n’est encore trop pressant, tu peux t’appliquer à faire les choses dans les règles. Prépare aussi un petit sac en plastique et du papier hygiénique. Personnellement, j’utilise des lingettes humides. Après nettoyage des « instruments », je les emporte avec moi dans un sac Ziploc. C’est le plus simple pour respecter la nature.
Ah oui, n’oublie pas de reboucher le trou et de tasser la terre. Pour les règles… j’y viens dans le reste de l’article.
Fuir les points d’eau
Première précaution : s’éloigner de l’eau : sources, lacs, rivières et même les rivages marins. Pas par crainte d’être mordu par un poisson ou un ours mal levé, mais par souci d’hygiène. Petite ou grosse commission, je me mets au bord du point d’eau et je m’éloigne de 100 à 150 pas pour éviter toute contamination. Beaucoup de parcs et de gestionnaires de GR parlent de 30 à 60 mètres… Je double la distance, ça ne coûte rien et c’est bien plus propre.

D’une part parce que je filtre l’eau des rivières pour remplir ma gourde, et d’autre part parce que de nombreux animaux s’abreuvent sur ces mêmes berges. Les déjections contiennent des germes pathogènes qui peuvent se propager, contaminer l’eau et transmettre des maladies. Ce n’est pas parce que les pangolins veulent nous éliminer qu’on doit en vouloir aux biches et aux canards…
Faire pipi, mais pas n’importe où
Éliminer les liquides est moins problématique. Mais, dans la nature, des animaux viennent gratter le sol pour lécher le sel contenu dans les urines.
Alors, je fais comme toujours, pipi contre un arbre ou un rocher. Pour les dames, mêmes consignes, mais si elles ont besoin d’un peu d’intimité, des aiguilles de pin ou du gravier font très bien l’affaire.
Plus surprenant, certains parcs, traversés par des rivières à fort débit, recommandent même d’uriner dans le cours d’eau. D’où l’importance de s’informer des bonnes pratiques en vigueur dès qu’on entre dans un espace réglementé.
Hygiène indispensable
Une fois la commission faite, cachée et le trou rebouché, il faut se laver les mains. Et là, on peut le faire dans la rivière, à l’eau claire.

Si tu veux utiliser du savon, prélève un peu d’eau dans le ru et éloigne-toi de la rive. Un simple sac plastique peut contenir de 5 à 10 litres. Tu verseras l’eau souillée sur le sol, à bonne distance.
Moi, je mouille, je lave et je rince mes mains hors du sac avec ma tasse, c’est facile en la tenant par l’anse. Ensuite, je prends le reste pour rincer ma tasse à café et mon assiette après le repas.
Toujours bon à savoir
Saviez-vous qu’un endroit bien exposé au soleil favorise une décomposition rapide ?
Lorsque j’ai trouvé l’emplacement idéal, à l’abri des regards, je creuse mon trou avec une pierre plate, un morceau de branche, une sardine de tente ou même le talon d’une chaussure.

Ici, la taille a son importance. Je préconise une vingtaine de centimètres de large, pour viser juste et éviter tout « accident ». La profondeur : une vingtaine de centimètres afin de ne pas attirer les animaux.
Après avoir commis mon crime, je recouvre l’objet et je rebouche le trou. Un vieux broussard m’a un jour expliqué qu’il fallait bien tasser la terre afin de protéger le paquet déposé des griffes des animaux.
Finalement, « ne laisser aucune trace » ne concerne pas seulement les emballages, les feux ou les déchets visibles. Cela concerne aussi ce que nous préférerions abandonner derrière un buisson en faisant semblant de croire que la nature s’en chargera.
- Marcher sous la pluie : 7 conseils pour garder le sourire - 2026-08-26
- Mon pantalon de randonnée Fjällräven passe à la cire - 2026-08-25
- Les sous-vêtements en laine de mérinos - 2026-08-25
