Dortoir de backpackers avec lits superposés en bois, sacs de voyage et grande baie vitrée donnant sur la mer.

Sept gestes pour bien cohabiter entre backpackers


De retour d’un voyage à Prague, mon amie Agnès m’a raconté les deux nuits infernales passées dans un dortoir à Francfort, avec des colocataires particulièrement sans-gêne. Sa mésaventure me rappelle que la vie en backpackers hostels exige un minimum de savoir-vivre.

Agnès est infirmière à Rouen. Elle m’a rendu visite pendant les vacances. Son train faisait escale à Liège. Nous en avons profité pour nous retrouver et je lui ai fait découvrir ma ville natale.

Pendant son voyage, Agnès avait séjourné dans plusieurs auberges. Elle en gardait d’excellents souvenirs. À une exception près : trois colocataires bruyants et irrespectueux qui avaient empoisonné le séjour des autres occupants du dortoir.

Son récit m’a rappelé quelques expériences personnelles. Car si les auberges de jeunesse sont souvent des lieux de rencontres formidables, certains voyageurs semblent avoir oublié les règles élémentaires de la vie en société.

1) L’hygiène personnelle est la première marque de respect

Après une longue journée à parcourir les sentiers ou à déambuler dans une ville inconnue, il m’arrive de dégager un « fumet » désagréable. Surtout lorsqu’il fait très chaud. Mon premier réflexe en rentrant à l’auberge est de passer sous la douche et d’enfiler des vêtements propres. Une évidence ? Pas pour tout le monde.

Ceux qui « fouettent » des pieds, pensez aux autres ! Un simple sac en plastique à fermeture zippée permet d’enfermer les chaussettes puantes en attendant la prochaine lessive. Quant aux chaussures, il reste les appuis de fenêtre ou les espaces prévus à cet effet.

En Espagne, de nombreuses auberges de pèlerins interdisent d’ailleurs de porter ses chaussures de marche à l’intérieur…

2) Un peu de silence, SVP !

Après une longue étape, j’aime retrouver un peu de calme dans le dortoir. Il m’arrive même d’y piquer une petite sieste. Par respect pour ceux qui se reposent, j’évite les conversations bruyantes et les appels téléphoniques. Pour causer ou jouer aux cartes, il y a généralement une salle commune ou, lorsqu’il fait beau, un coin à l’ombre, à l’extérieur.

À Arrifana, au Portugal, un groupe de Néerlandais chantait à tue-tête sous les fenêtres de notre dortoir, bien après minuit. Plusieurs d’entre nous leur ont demandé d’aller chanter ailleurs pour nous laisser dormir. Rien à faire. Le lendemain, à six heures du matin, nous les avons réveillés en leur expliquant pourquoi… Ils étaient furieux.

Dortoir de l'Hostel 45 à Bonn, avec lits superposés en bois et casiers métalliques individuels.
Lits superposés et casiers métalliques du dortoir de l’Hostel 45, à Bonn. © AlD – LPDA

Et puis il y a les amateurs de chips qui plongent sans cesse la main dans des sachets bruyants, ceux qui déballent leurs bonbons au milieu de la nuit, les portes des casiers métalliques qui claquent et les conversations téléphoniques dont profite, bien malgré lui, l’ensemble du dortoir…

3) La salle de bains est à tout le monde

Je me souviens d’un passage à l’Hostel 45, à Bonn, où j’avais posé mon sac pour assister à une représentation à l’opéra. Une jeune fille avait monopolisé la salle de bains pendant près de trois heures, simplement pour se maquiller avant un entretien d’embauche.

Entrée de l'Hostel 45, une auberge de jeunesse à Bonn, en Allemagne.
À Bonn, L’Hostel 45 est une de mes auberges préférées en Allemagne © AlD – LPDA

L’ennui, c’est que les toilettes se trouvaient aussi dans cette salle d’eau. Eh bien, nous avons dû aller boire un café au bistrot d’à côté pour satisfaire nos besoins les plus naturels.

Partager une salle de bains exige quelques égards envers les autres occupants. Évitons les douches interminables, d’autant que les réserves d’eau chaude sont parfois limitées. Ne laissons pas traîner nos affaires sur le lavabo et prenons soin de laisser les lieux propres après notre passage.

4) Ô doux effluve quand tu nous réveilles

Une autre fois, une jeune femme s’est aspergée d’un parfum puissant dès six heures du matin. L’odeur était si forte qu’elle a réveillé tout le dortoir. Nous avons subi le « One Million » pendant les deux jours suivants, tant ses effluves étaient tenaces, malgré la fenêtre ouverte.

Dans un dortoir, les parfums et les déodorants trop généreusement vaporisés peuvent vite devenir une nuisance. Certains voyageurs sont particulièrement sensibles aux odeurs fortes. Mieux vaut donc se parfumer à l’extérieur de la chambre, sans imposer ses préférences olfactives aux autres.

5) Après 22 heures, on éteint le plafonnier !

Il n’est pas rare que certains colocataires rentrent tard. Mais pourquoi allumer le plafonnier alors que la plupart des lits disposent d’une liseuse individuelle ? De nombreux établissements le précisent d’ailleurs dans leur règlement : pas de conversations bruyantes ni de lumière vive après 22 heures.

Voyageuse installée dans un lit superposé de dortoir, ouvrant son rideau d'intimité, avec une lampe de lecture individuelle.
Rideau et éclairage individuel améliorent le confort des voyageurs en dortoir. © George Pak / Pexels

Rentrer discrètement, c’est aussi préparer ses affaires avant de sortir, pour éviter de fouiller son sac au milieu de la nuit. Et si l’on doit partir très tôt le lendemain, mieux vaut faire ses bagages la veille. Quelques précautions qui permettent aux autres de poursuivre leur nuit tranquillement.

6) Retenez la porte, s’il vous plaît !

La plupart des portes des dortoirs sont équipées d’un dispositif de fermeture automatique. Mais, de grâce, quelle que soit l’heure, retenez la porte derrière vous. Ne la laissez pas claquer. Au mieux, quelqu’un sursaute. Au pire, vous réveillez la moitié du dortoir.

Il suffit pourtant de quelques secondes pour accompagner la porte jusqu’à sa fermeture. Une petite attention qui ne coûte rien et qui évite le regard assassin des cohabitants que l’on vient de réveiller.

7) Aux toilettes, apprenez à viser

Revenons à mon auberge préférée à Bonn. Il est 8 h 30, la journée s’annonce ensoleillée… Je me rends à la salle de bains. J’y découvre les restes digérés du repas de la veille d’un de mes colocataires. Ils flottaient dans une eau jaunâtre. Avec, en prime, des traces sur les parois de la cuvette.

Tirer la chasse semble être un effort surhumain pour certains. Quant à nettoyer derrière soi, cela relève apparemment du miracle. Pourtant, tout le matériel nécessaire était là pour effacer les traces du délit.

Finalement, vivre en dortoir ne demande pas de grands sacrifices. Un peu d’hygiène, de discrétion et d’attention aux autres suffit généralement à rendre la cohabitation agréable. C’est tout de même dommage de devoir rappeler des règles aussi élémentaires. Car les meilleurs souvenirs d’une auberge devraient être les rencontres qu’on y fait, pas les mauvaises habitudes de ceux avec qui l’on partage sa chambre.

Alain Demaret
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