Chris Rea n’a jamais eu le profil d’une rock star. C’est sans doute pour ça que je l’aime tant. Né en 1951 à Middlesbrough, dans le nord industriel de l’Angleterre, il grandit dans la famille d’un glacier italien. Il touche sa première guitare vers ses vingt ans. Les débuts sont laborieux, malgré le succès de Fool (If You Think It’s Over) en 1978. Les années suivantes sont difficiles : contrats fragiles et disques qui se vendent mal. Les maisons de disques doutent de lui. Chris Rea aurait pu devenir marin. Il rame. Longtemps.

Et puis, sans véritable coup d’éclat, sa voix rauque et son jeu de guitare trouvent leur public. De marin, il devient alpiniste. L’ascension est lente, presque délicate. Josephine, On the Beach, The Road to Hell, Auberge… Au fil des titres devenus classiques, il finit par devenir l’un des grands noms du rock britannique. Pourtant, il n’a jamais adopté les manières de la vedette. Il garde quelque chose de terriblement ordinaire et attachant. Et hop, je l’aime encore plus !
L’Austin Mini de Joan pour écrire un tube
C’est d’ailleurs dans une vieille Austin Mini conduite par Joan, son épouse, que naissent, en 1978, les paroles de Driving Home for Christmas. Fauché et coincé à Londres, Rea n’a même pas de quoi rentrer à Middlesbrough en train pour Noël. Joan vient le chercher. Dans les embouteillages et sous la neige, il observe les autres automobilistes et griffonne quelques phrases pour passer le temps. Il faudra des années avant que l’anecdote d’un retour à la maison calamiteux ne devienne un classique de Noël.
La maladie l’oblige à ralentir, mais pas à abandonner sa guitare et ce blues qu’il aimait tant. Chris Rea est mort le 22 décembre 2025, à 74 ans.
Pourquoi il est si important à mes yeux
Pendant des années, ses chansons ont tourné dans mon Walkman, aux côtés de Philippe Lavil et Paula Abdul. Aujourd’hui encore, quand la fatigue alourdit mes pas, il suffit parfois de quelques notes de Chris Rea pour me rendre mes jambes de jeunesse.
