Comme la madeleine de Proust, certaines mélodies ravivent en nous des souvenirs de voyage. Parfois, ces chansons sont écrites à dessein pour donner envie de décrocher le sac à dos ou de prendre le volant. Voici cinq chansons qui évoquent le chemin.
Ce matin, en traînant sur Instagram, la notification d’un nouveau contenu m’a amené sur le profil d’Elisa. Surprise ! La vidéo montre sa platine qui tourne de vieux « 33 tours ». L’étudiante en « commu » écoute des vinyles. J’adore ! Le son de « Take the Long Way Home » réveille une vieille blessure, une sorte de manque. Celui des bretelles de mon sac qui pèsent sur mes épaules. Alors, j’ai réécouté ces cinq morceaux empreints de nostalgie. Et j’ai écrit cet article plein d’envie de voyage.
Take the Long Way Home – Supertramp (1979)
Partir pour revenir aussitôt. Que neni. Le titre de cette chanson me pousse à prendre le plus long chemin pour rentrer à la maison. Et c’est ce que je fais. Je me reconnais tellement dans les paroles de la chanson. Et ça, ce n’est pas très glorieux. Je préfère briller sur les routes, auprès d’inconnus que de tisser des liens profonds avec mes proches, ma famille. J’aime mieux voir mon nom au bas d’un article que signer une simple carte postale pour dire bonjour à ceux que j’aime. La route est une telle maîtresse que j’y oublie tous mes devoirs. Égoïste voyageur, je vais seul sur le chemin le plus long. Peut-être parce que je n’ai pas vraiment de chez moi.
Une balade en bateau – Philippe Lavil (1986)
L’histoire de cette chanson est liée à mon deuxième séjour en Pologne. Une interprète Polonais-Anglais-Allemand, rencontrée à la Foire agricole de Poznań, se dit curieuse de ma façon de voyager. Elle m’offre de séjourner deux jours chez elle. Radin, j’accepte. Le prix de deux nuits d’hôtel qui passent en soirées arrosées avec elle, c’était séduisant. Le premier soir, elle pique mon Walkman, écoute ma musique et tombe sur cette chanson de Lavil. Elle kiffe. Me voilà embarqué dans une traduction des paroles dans un anglais approximatif. L’histoire lui rappelle une virée avec son ex-petit ami de l’époque. Elle pleure, je la console, on rit, on sort danser et on est toujours amis.
Smoke on the Water – Deep Purple (1972)
Les raisons qui me poussent à quitter mes pénates quand j’entends « Smoke on the Water » sont ancrées dans mon job. La fameuse fumée dont il est question est celle du terrible incendie du Casino de Genève qui se répand en nappe sur le lac de Genève. Les membres de Deep Purple en ont été témoins depuis les fenêtres de leur hôtel. En tant que pompier, j’ai toujours voulu aller voir cet endroit devenu mythique à mes yeux. Et j’y suis pas encore « été ».
« C’était sans doute le plus terrible incendie que j’ai jamais vu. À tel point que je n’en reverrai sans doute jamais d’aussi intense d’ici à la fin de mes jours. C’était un bâtiment immense. On n’avait pas vraiment peur de sortir quand ça a commencé, ça avait l’air d’un petit feu. Mais quand le feu s’est vraiment déclaré, on aurait dit un show de feu d’artifice », raconte Roger Glover
Je marche seul – Jean-Jacques Goldman (1985)
C’est l’affligeante réalité. Quand je chausse mes godasses, c’est pour partir seul, le plus souvent. Évidemment, les paroles de Goldman font écho à mes désirs et mes réalités quotidiennes de voyage. La chanson évoque aussi un de mes plus grands regrets. Une histoire d’amour manquée avec une demoiselle qui m’envoyait les paroles de Goldman parfumée à l’essence de pêche lorsqu’on s’éloignait pour quelques jours. L’histoire d’un été, mais aussi celui d’une amitié qui n’a jamais fleuri.
Une belle histoire – Michel Fugain et le Big Bazar (1972)
Encore une histoire de rencontre furtive comme j’en ai tant à raconter. Fugain a su mettre les mots sur ma raison de vivre.
Et vous, quelles sont ces musiques qui vous mettent des papillons dans le ventre et qui vous peuvent vous pousser à prendre la route ?
Dès que j’en ai dix nouvelles, je refais un article avec vos anecdotes à vous.
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